indiectators

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Un jour, j’en ai eu marre qu’elle se tire, qu’elle fasse les 400 coups, qu’elle se drogue, qu’elle parte dormir chez un mec pendant trois jours sans me donner de nouvelles en me disant qu’il fallait pas que je m’inquiète. Ca m’a un peu anéanti, parce qu’elle me marchait dessus en faisant mine de pas. Je l’aimais follement. Je ne savais plus quoi faire.

Alors j’ai punaisé, sur la porte de notre appartement, un petit papier avec écrit dessus “A House is Not a Motel.” Quand elle l’a trouvé, deux jours plus tard, elle était furieuse. Elle m’a demandé ce que ça signifiait. Elle n’avait pas saisi la référence. Elle trouvait ça mesquin et violent. That’s the problem with girls who pretend to know much about Love but don’t.

Not 99 problèmes, just one

J’admire l’histoire de la laïcité française, parce qu’il s’agissait d’une manière de lutter contre des puissances importantes, en premier lieu celle de l’Église catholique. Mais je suis atterré que les leçons, les principes et les stratégies de la laïcité, forgés dans une lutte contre des instances réactionnaires et des ennemis de la République, soient désormais utilisés pour attaquer une minorité sans pouvoir réel, à savoir les musulmans, même quand ils ne pratiquent pas.

Hier, les écoles, les hôpitaux, les universités étaient tenus par des adversaires de la République et de la laïcité. Aujourd’hui, on fait de ces lieux des armes contre une minorité. Pour moi, la mission de l’école était de transformer les gens et de leur montrer, par la pédagogie, l’avantage de la neutralité religieuse. Aujourd’hui, on demande à tout le monde d’arriver dans l’enseignement déjà nu et neutre, au risque d’être exclu des institutions qui devraient précisément apprendre, et faire comprendre, les avantages de la neutralité. Comment a-t-on pu à ce point oublier l’histoire de ces combats ?

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Si tu disais que ton âme est triste, qu’on passe notre temps juste en dessous d’un volcan sans jamais en parler,

Si tu disais que tu es fatiguée d’attendre et que tu veux sonner le grand réveil, le tocsin de ces années d’endormissement, 

Si tu disais on y va
Si tu disais qu’il n’y a rien à craindre, que tout le mal qu’on pouvait nous faire l’a déjà été, que les coups on les rendra

Si tu disais mon nom quand la peur malgré tout te prend, que les ombres se rapprochent et tournoient,

Il se pourrait bien que je vienne avec toi.

iloveyougeorgiahubley
Le problème est que je ne suis pas assez optimiste pour aimer me lever tôt. Évidemment, comme tous les mélancoliques, j’ai le fantasme de l’aurore. De jaillir de mon lit rien que pour déployer toute l’énergie qui m’habiterait. D’aller, mettons, chercher du pain frais, d’écrire trois ou quatre lettres, d’éplucher les journaux, d’avancer dans mon livre et ce, pendant que toute la maisonnée serait encore endormie et qu’on entendrait seulement l’infime bruit de ma montre sur le bois de la table. Le hic, je me connais, c’est que je commencerais à tomber de sommeil vers 11 heures et que la suite de la journée ne serait alors qu’une longue et désespérante léthargie.
Bruno Gibert in Avec enfant (Stock)
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Interdit à la télévision américaine pendant plus de dix ans, pour avoir été l’un des rares à avoir refusé de coopérer avec le House Committee on Un-American Activities, Pete Seeger y est à nouveau invité en 1967. CBS censurera son passage. L’outrage médiatique obligera la chaîne à céder.

En 1968, Seeger peut donc chanter dans tous les foyer, et c’est avec cette incroyable interprétation de Waist Deep in the Big Muddy qu’il le fait — un doigt d’honneur sans équivoque à Lyndon Johnson et à Robert McNamara à propos de la guerre du Vietnam, de la guerre tout court.

Je suis fasciné par ce cinquagénaire au visage poupin, au pull quelconque, qui a traversé quinze ans de vache maigre par fidélité à ses idéaux, mais qui scande poliment les paroles les plus subversives qu’on entendait à la télévision à l’époque. Si on l’écoutait distraitement, on pourrait croire à une histoire de soldat d’une guerre oubliée pensant à sa petite amie.

"I still believe the only chance for the human race to survive is to give up such pleasures as war, racism and private profit", disait-il en 1979.

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Je m’étonne que le vent ne me disperse pas. Je m’étonne que la poussière en moi ne prenne pas le chemin du sol, que l’eau en moi ne s’évapore pas. Je m’étonne de tenir encore debout quand tout semble démontrer que nous n’avons pas atteint les contrées altières qu’on nous promettait enfant.

Je m’étonne que plus personne ne croit aux promesses mais que rien ne brûle pour autant. Je m’étonne d’être sans voix alors qu’il y aurait tant à dire, tant de positions à prendre, tant de rêves à concrétiser.

Je m’étonne de tenir si obstinément à mes vieux rêves de force, à mes absurdes fantasmes de puissance. Je m’étonne de la nouvelle incommunicabilité des choses, de ces replis sur soi de l’âge adulte.

Je m’étonne, même en dormant je m’étonne. Je préférais quand c’était toi que j’étonnais.